Voyage d’affaires : quel est son nom et ses avantages ?

Trente pour cent. C’est la proportion de cadres français qui, selon une enquête de 2023, prolongent leur mission à l’étranger pour des motifs personnels. Le code du travail, lui, reste muet sur ces pratiques hybrides : aucune règle précise n’encadre l’ajout de jours privés à un déplacement professionnel. Pourtant, le phénomène s’installe. D’un côté, des entreprises qui encouragent cette flexibilité. De l’autre, des structures qui serrent la vis. Entre gestion des frais, responsabilité de l’employeur et couverture assurantielle, chaque politique interne trace sa propre ligne, dessinant un terrain mouvant pour tous les professionnels concernés.

Bleisure travel : de quoi parle-t-on vraiment ?

Impossible d’ignorer la montée en puissance du bleisure travel. Ce terme, né de la fusion entre business et leisure, traduit une réalité grandissante : les cadres et salariés profitent de leur voyage d’affaires pour s’offrir, en solo ou accompagnés, un supplément de loisir. Le tourisme d’affaires accueille ainsi des voyageurs au profil hybride, ni totalement en mission, ni complètement en vacances.

Les chiffres sont éloquents. D’après la Global Business Travel Association, près d’un tiers des voyageurs professionnels dans le monde ont déjà mêlé travail et tourisme pendant un déplacement. Ce qui n’était qu’un signe avant-coureur est devenu une tendance massive. Les barrières entre la sphère privée et le devoir professionnel s’estompent, au rythme d’une quête d’équilibre vie professionnelle remise au goût du jour.

Les entreprises, elles, ajustent le tir. Certaines intègrent le bleisure dans leur gestion des voyages. D’autres fixent des bornes précises sur le remboursement des frais hors mission. Le secteur du tourisme d’affaires s’adapte, recomposant ses offres pour répondre à ce public en quête de nouvelles expériences.

À l’échelle internationale, la définition du tourisme d’affaires varie, tout comme la façon dont les employeurs acceptent (ou non) le bleisure. Les codes du voyage d’affaires sont chamboulés, ouvrant la voie à de nouvelles pratiques, tant pour les salariés que pour les entreprises.

Pourquoi le bleisure séduit de plus en plus de professionnels

Les attentes du voyageur d’affaires évoluent vite. Finis les allers-retours imposés sans marge de manœuvre. Ce qui attire désormais ? Une flexibilité assumée, rendue possible par la digitalisation de la gestion des déplacements et l’omniprésence de la connectivité mobile. Ajouter deux jours de loisir à un voyage d’entreprise, c’est respirer autrement, loin du bureau et de ses routines.

Le confort prend sa revanche. Hôtels et compagnies aériennes multiplient les services sur mesure, enrichissent leurs programmes de fidélité, brouillent la frontière entre affaires et déplacements professionnels et plaisir. Les salariés y trouvent un souffle nouveau, qui nourrit l’engagement des collaborateurs et contribue à prévenir l’épuisement, si fréquent dans le tourisme d’affaires.

Voici quelques-unes des raisons qui poussent les professionnels à franchir le pas :

  • Alterner réunions et moments de détente optimise la productivité, au lieu de la freiner.
  • L’expérience employé gagne en valeur, un atout fort pour attirer et fidéliser les talents mobiles.
  • Les voyages incentive évoluent : la gratification ne se limite plus au matériel, elle devient aussi expérientielle.

Les entreprises l’ont compris : la gestion des déplacements s’ajuste, acceptant que le voyageur d’affaires soit autre chose qu’un simple exécutant en transit. Progressivement, une nouvelle culture du déplacement professionnel prend forme, plus attentive au bien-être et à l’humain.

Quels droits et obligations pour les salariés en voyage d’affaires mêlant travail et loisirs ?

Le déplacement professionnel ne laisse aucune place à l’improvisation. Dès lors qu’un salarié quitte son lieu de travail habituel sur demande de son employeur, le code du travail encadre strictement la mission. Les frais professionnels liés au transport, à l’hébergement ou aux repas sont pris en charge pour la durée du travail effectif. Mais dès que la mission s’arrête et que le séjour se poursuit pour des raisons personnelles, l’entreprise se retire du jeu. Les dépenses de loisir sont à la charge du salarié, tout comme la responsabilité pendant cette période non couverte par l’ordre de mission.

La plupart des organisations ont une politique de voyage qui définit clairement les règles de politique voyage. La distinction entre période de travail en déplacement professionnel et temps libre est non négociable. Le contrat de travail ne s’applique qu’à la première. Côté assurance, même logique : la couverture saute dès le passage en mode personnel. Mieux vaut ne pas jouer avec les frontières.

Pour éviter toute déconvenue, il est recommandé d’appliquer les bonnes pratiques suivantes :

  • S’assurer que l’extension privée du séjour est couverte par l’assurance adéquate.
  • Indiquer précisément les dates prises en charge dans l’ordre de mission.
  • Respecter sans ambiguïté la politique voyage de l’entreprise pour éviter les contestations sur les remboursements.

RH et travel managers sont clairs : tout doit être formalisé. Qui paie quoi, quand et pour quelle période ? Plus la distinction est nette entre temps professionnel et temps personnel, mieux chacun est protégé.

Homme en réunion dans un hôtel avec documents

Le rôle clé des entreprises dans l’accompagnement du bleisure travel

Une chose est certaine : intégrer le bleisure travel dans la gestion des déplacements professionnels n’est plus un sujet accessoire pour les entreprises. Ce mode de voyage hybride impose de nouvelles exigences. Aucun espace pour l’à-peu-près.

Les travel managers dialoguent avec les agences de voyage d’affaires pour ajuster les offres. Leur but ? Garantir une expérience fluide, maîtriser les coûts, rester dans les clous réglementaires. Les outils numériques accélèrent la digitalisation du secteur : centralisation des réservations, notes de frais automatisées, suivi des itinéraires en temps réel. Résultat : pilotage affiné et risques mieux contrôlés.

La question de l’impact environnemental prend également de l’ampleur. Entre calcul de l’empreinte carbone et démarches de compensation carbone, le sujet ne se limite plus à la seule rentabilité. Les directions achats privilégient les prestataires qui prennent ces préoccupations au sérieux, tout en restant attentives à la santé physique et mentale des collaborateurs.

Les cartes de paiement professionnelles simplifient la gestion, évitent les avances de frais et offrent une traçabilité bienvenue. Les acteurs du tourisme d’affaires, qu’il s’agisse d’agences spécialisées ou de plateformes technologiques, multiplient les solutions personnalisées, au plus près des besoins de chaque entreprise. Le travel management gagne en agilité, sans jamais sacrifier la sécurité ni le bien-être du voyageur.

Le bleisure, autrefois exception, prend racine dans les usages. Reste à chaque entreprise d’écrire sa propre partition. Le voyage d’affaires n’a pas fini de brouiller les pistes, et c’est peut-être là que réside sa nouvelle promesse.

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