En 2025, les réservations de voyages d’affaires via des plateformes automatisées dépassent pour la première fois celles réalisées par des intermédiaires humains. Les politiques de mobilité hybride imposent une adaptation rapide des conventions classiques, rendant obsolètes certains formats de réunions.
La pression des objectifs environnementaux bouleverse les priorités des décideurs, qui privilégient désormais des solutions à faible impact carbone et des expériences personnalisées assistées par l’intelligence artificielle. Les prestataires historiques doivent revoir leur modèle face à l’irruption de start-up spécialisées dans la gestion intelligente des déplacements professionnels.
Le tourisme d’affaires en 2025 : quelles évolutions majeures à anticiper ?
Le tourisme d’affaires connaît actuellement une accélération inédite de sa transformation. En 2025, les réservations de voyages d’affaires enregistrent une hausse de 10 % côté aérien, tandis que les nuitées liées aux conférences bondissent de 25 %. Ce regain s’explique par le retour des événements professionnels et l’essor du bleisure. Désormais, 89 % des actifs en déplacement veulent profiter de leur temps libre, glissant subtilement du strict cadre du travail à une expérience enrichie, mêlant affaires et découverte personnelle.
La génération Z, qui occupe déjà plus d’un quart des postes dans le monde, imprime sa vision. Cette population réclame flexibilité, bien-être et personnalisation. Les entreprises réajustent donc leurs politiques de mobilité pour répondre à ces exigences, tout en gardant un œil sur les coûts et la rentabilité. Le MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions) s’élargit et intègre de nouveaux critères : gestion fine du repos, suivi de l’empreinte environnementale, attentes sur mesure.
Le secteur voyage voit sa géographie évoluer. Les destinations phares se déplacent : l’Asie et l’Afrique séduisent toujours plus d’entreprises, tandis qu’en Amérique du Nord, 85 % des déplacements professionnels restent cantonnés au territoire national. Ce rééquilibrage incite les acteurs historiques à revoir leur stratégie et suscite l’émergence d’opérateurs capables d’offrir des accompagnements ciblés ou de gérer les risques à l’international.
Voici les tendances structurantes qui s’imposent :
- Bleisure : la quasi-totalité des voyageurs d’affaires attend de pouvoir mixer activité professionnelle et temps personnel.
- Marchés émergents : l’Asie et l’Afrique deviennent des pôles d’attractivité majeurs pour les déplacements professionnels.
- Gen Z : cette génération bouscule les standards et exige flexibilité et personnalisation dans l’organisation des voyages.
Tendances émergentes : entre personnalisation, durabilité et nouvelles attentes des voyageurs
L’heure est à la personnalisation à tous les étages du voyage d’affaires. Chaque déplacement doit pouvoir s’ajuster aux préférences individuelles. La génération Z, toujours plus présente dans les effectifs, pousse à la demande d’offres flexibles. Les voyageurs veulent choisir leurs horaires, leurs moyens de transport, leurs services annexes. Les plateformes répondent par des options à la carte, du surclassement instantané au choix du logement adapté, le tout accessible en quelques clics.
La question du développement durable pèse de plus en plus. Aujourd’hui, 46 % des politiques voyages placent la réduction de l’empreinte carbone au centre de leurs préoccupations. Le train s’impose progressivement sur de nombreux trajets, prenant le pas sur l’avion. Eurostar tire parti de cette tendance, tout comme la montée en puissance des véhicules électriques ou du covoiturage. La directive européenne CSRD impose désormais le suivi méthodique des émissions générées par les déplacements, poussant à une adaptation rapide des pratiques.
Le bien-être devient également un critère déterminant. Les hôtels réorganisent leurs espaces : zones de repos, menus axés sur la santé, dispositifs technologiques favorisant la récupération. Equinox Hotels, par exemple, déploie des solutions connectées pour optimiser le sommeil des voyageurs. Sur les vols long-courriers, Qatar Airways transforme la QSuite en véritable salle de réunion mobile, preuve que la recherche de confort et de performance guide désormais les choix des entreprises et de leurs équipes.
Les évolutions majeures du secteur se concentrent autour de ces axes :
- Flexibilité : les politiques voyages se réajustent pour offrir davantage de liberté et de réactivité.
- RSE : les directions achats et RSE s’impliquent de plus en plus dans la définition des stratégies de mobilité.
- Technologies de bien-être : innovations intégrées pour améliorer concrètement l’expérience en déplacement.
Comment les technologies transforment l’expérience et la gestion des déplacements professionnels
L’intelligence artificielle s’invite désormais au centre du jeu. Les agents conversationnels orchestrent la totalité du parcours : réservation, anticipation des aléas, gestion continue. Des outils comme SAP Concur ou TripLink centralisent les flux, automatisent la conformité et donnent, en temps réel, une vision claire des dépenses et de l’empreinte carbone. TripLink, par exemple, offre aux travel managers la possibilité de piloter les réservations, même hors des canaux classiques, tout en respectant la politique de l’entreprise.
La biométrie change la donne dans les aéroports : 73 % des passagers souhaitent y recourir. Reconnaissance faciale, dépôts de bagages automatisés, embarquement accéléré : compagnies et aéroports investissent massivement pour faciliter le parcours et réduire le stress lié à l’attente.
L’automatisation s’étend à toutes les tâches répétitives. Le traitement des notes de frais, l’analyse de la performance ou la gestion des incidents s’effectuent désormais en quelques clics. Les solutions d’IA générative comme Operator, Delta Concierge ou les assistants Kayak offrent un accompagnement sur mesure : conseils personnalisés, alertes météo, suggestions d’itinéraires. L’anticipation et l’adaptation deviennent la norme, bien loin des process figés d’autrefois.
Pour mieux saisir la portée de ces mutations, voici les principaux leviers technologiques à l’œuvre :
- Réservation autonome rendue possible par l’IA agentique
- Gestion des incidents et optimisation des coûts instantanée
- Centralisation et sécurisation des données de déplacement
La cabine anti-jetlag de Qantas, les taxis autonomes de Waymo, les systèmes intelligents de gestion de l’impact comme AI LEGACY : chaque segment du voyage d’affaires se renouvelle, jusque dans les détails les plus discrets.
Prendre les bonnes décisions face aux innovations : quels enjeux pour les entreprises et les voyageurs ?
La flexibilité oblige les entreprises à repenser la gestion du voyage d’affaires. Les politiques se modifient, les conditions d’annulation s’assouplissent, l’adaptation en temps réel s’impose. Le phénomène du bleisure s’ancre : 89 % des professionnels souhaitent intégrer des moments personnels à leurs déplacements. La demande de personnalisation explose, brouillant les anciennes frontières entre temps de travail et temps libre.
Les axes qui structurent les politiques voyages aujourd’hui sont clairs : durabilité, bien-être, inclusivité. Près d’un programme voyage sur deux fait de la réduction des émissions de CO₂ un pilier, conformément à la directive CSRD qui impose désormais des indicateurs précis. Le recours au train, aux véhicules électriques, au covoiturage s’accélère. Les entreprises cherchent la juste mesure : réduire leur impact sans renoncer à l’efficacité ni à l’attractivité internationale de leurs missions.
Le travel manager prend une dimension stratégique. Il pilote la mobilité, accompagne les collaborateurs, arbitre entre innovations et contraintes budgétaires. Les échanges se multiplient : groupes de réflexion IA et Tourisme, ateliers collectifs animés par le collectif des mobilités, partages d’expériences sur la décarbonation des flottes ou la transition écologique à l’échelle internationale. L’essor des marchés émergents, notamment en Asie et en Afrique, impose de nouveaux standards et de nouvelles pratiques.
Face à ces défis, la génération Z insuffle une dynamique décisive. Elle constitue 27 % de la main-d’œuvre en 2025, refusant les compromis d’antan sur la flexibilité, le bien-être ou l’inclusivité. Les attentes changent, les outils s’adaptent, les entreprises réinventent leur rapport au déplacement professionnel. La page se tourne : le tourisme d’affaires ne sera plus jamais une simple affaire de logistique. Il s’écrit désormais dans la diversité des attentes, la richesse des expériences, et l’agilité des réponses apportées.


